Une pièce est terminée, son modèle STEP est dans le dossier de l'affaire. L'atelier demande un plan coté, le client veut un PDF à viser. Le projeteur qui avait la licence est en congé, ou la licence est sur un autre poste, ou vous êtes le sous-traitant qui a reçu le modèle sans le logiciel qui l'a produit.
Refaire la mise en plan est l'affaire de quelques heures. Une licence achetée pour ces quelques heures coûte beaucoup plus cher. Voici les options réelles, de la plus artisanale à la plus directe.
Ce qu'un plan de fabrication doit porter
Avant de choisir un outil, rappelons ce qu'on attend de la feuille. Un plan que l'atelier lit sans vous rappeler porte au minimum :
- des vues projetées depuis le modèle, en projection européenne (premier dièdre) pour un plan français, avec une coupe dès que l'intérieur compte ;
- des cotes posées selon ISO 129-1, et les tolérances qui s'imposent ;
- les symboles que le métier attend : tolérances géométriques (ISO 1101), états de surface (ISO 21920), soudures (ISO 2553) ;
- un cartouche avec la désignation, le numéro de plan, l'échelle, l'indice de révision et la date ;
- pour un assemblage, une nomenclature et des repères.
Un outil qui ne sait pas projeter une vue depuis le modèle vous oblige à redessiner. C'est le premier critère de tri.
Option 1 : un modeleur libre
FreeCAD est gratuit, libre, et son atelier TechDraw met en plan un modèle importé : vues projetées, coupes, cotes, cartouche modifiable, export PDF. Il tourne sous Windows, macOS et Linux.
Libre, sans condition d'usage, c'est la référence des modeleurs gratuits. Son coût est ailleurs : l'interface est celle d'un modeleur complet, la prise en main demande du temps, et un modèle STEP lourd peut s'y montrer lent. Pour un plan ponctuel, comptez davantage d'heures d'apprentissage que de dessin. Et le plan produit vit sur le poste de celui qui l'a fait : rien ne le rattache au dossier de l'affaire ni à la version du modèle dont il vient.
Option 2 : les offres gratuites des éditeurs
Plusieurs éditeurs de CAO proposent des offres gratuites. Elles sont conçues pour les particuliers et les étudiants : leurs conditions excluent un usage commercial, et certaines rendent vos documents publics. Pour une pièce de client, ce n'est pas une option.
Les versions d'essai des modeleurs du commerce, elles, sont limitées dans le temps et supposent une installation lourde. Elles dépannent une fois, pas deux.
Option 3 : sous-traiter la mise en plan
Un projeteur indépendant fait le plan à partir de votre STEP. C'est la solution la plus sûre sur le fond : quelqu'un du métier choisit les cotes. Mais elle ajoute un délai, un aller-retour à chaque correction, et le fichier natif quitte vos mains pour quelqu'un d'autre.
Option 4 : mettre en plan dans le navigateur
La dernière voie consiste à faire le plan là où le fichier est déjà rangé. Dans Comiror, la mise en plan part d'un STEP ou d'un IGES déposé dans l'affaire, sans rien installer :
- vous choisissez la feuille (du A4 au A0) et le fond de plan de votre organisation, avec votre cartouche et votre logo ;
- vous placez les vues normalisées, les coupes, les demi-coupes et les détails, projetés depuis le modèle ;
- vous cotez à la main, ou vous laissez Coter automatiquement poser l'encombrement, les diamètres groupés et les entraxes des perçages alignés, pour compléter ensuite ce qui dépend de vos choix d'usinage ;
- vous posez les symboles normalisés, la nomenclature d'un assemblage et ses repères ;
- vous publiez : le plan devient une version avec son indice et sa date au cartouche, que vous envoyez en PDF ou faites signer.
Le plan reste rattaché à la pièce dont il vient. Quand elle est révisée, vous reprojetez les vues au moment que vous choisissez ; les cotes se raccrochent à la nouvelle géométrie, et celles qui ne s'y retrouvent pas sont signalées, jamais supprimées.
Les limites, pour être complet : le plan sort en PDF, pas en DWG ni en DXF ; seule la projection européenne est proposée ; et partir d'un maillage (STL) donne un plan sans coupe ni cote de diamètre fiable, parce qu'un perçage y est un polygone et non un cercle. Le détail est dans le guide Faire un plan.
Laquelle choisir ?
| Situation | Option la plus adaptée |
|---|---|
| Vous faites des plans toutes les semaines | Un modeleur, libre ou du commerce |
| Un plan ponctuel, et du temps pour apprendre un outil | FreeCAD et son atelier TechDraw |
| La cotation demande un vrai choix de référentiel d'usinage | Un projeteur, en interne ou non |
| Le modèle est déjà dans l'affaire et le plan doit y rester | La mise en plan dans le navigateur |
Dans tous les cas, gardez en tête que la cotation exprime une intention : quelles surfaces sont fonctionnelles, depuis quelle référence la pièce sera usinée et contrôlée. Aucun outil ne la devine. Un outil peut poser les cotes évidentes ; le reste revient à quelqu'un qui connaît la pièce.
Questions fréquentes
Peut-on faire un plan coté à partir d'un fichier STEP ? Oui. Le STEP contient la géométrie exacte de la pièce, ce qui suffit pour projeter les vues, tracer des coupes et coter les diamètres. Il vous faut un outil capable de projeter le modèle : un modeleur, FreeCAD et son atelier TechDraw, ou une mise en plan en ligne.
Existe-t-il un logiciel gratuit pour faire une mise en plan ? FreeCAD, libre et gratuit, met en plan un modèle importé. Les offres gratuites des éditeurs du commerce excluent en général un usage professionnel. La mise en plan de Comiror est incluse dans son forfait Gratuit.
Peut-on faire un plan à partir d'un fichier STL ? Oui, mais avec des limites. Un STL est un maillage : ses surfaces courbes sont facettées. Le plan donnera les formes et l'encombrement, mais pas de coupe, pas de trait d'axe, et pas de cote de diamètre fiable. Pour un plan de fabrication, repartez du STEP.
Le plan doit-il être refait quand la pièce change ? Pas s'il reste rattaché au modèle. Dans un modeleur comme dans Comiror, une nouvelle version de la pièce permet de mettre à jour les vues et de relire les cotes, au lieu de tout redessiner.
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